Et si on donnait la parole aux hommes ?

Manuel, le compagnon de Séverine témoigne pour Garance

 

Parce que le cancer du sein affecte aussi notre entourage, nous avons souhaité recueillir le témoignage de Manuel, alias Manu, le concubin de Séverine.
 
Manu a 41 ans et est ouvrier chez Renault Trucks depuis 18 ans. Il rencontre Séverine il y a environ 3 ans, à ce moment-là tout allait bien, mais 18 mois plus tard, une mauvaise nouvelle tombe et impacte le couple. Voici son regard, son ressenti et son histoire :
 
 

« Le début des hostilités »


Comment avez-vous appris le cancer du sein de Séverine ?

Elle a senti une boule dans son sein, je pouvais la sentir également, on aurait dit une balle de ping-pong à l’intérieur. Elle est allée vite voir son médecin qui l’a orienté vers une mammographie. Je n’ai pas pu l’accompagner ce jour-là, car j’étais sur le terrain pour la construction de notre maison.

J’avais des craintes, mais sans confirmation médicale, je ne voulais pas y croire. Elle m’a appelé en pleurs après son examen, elle est allée chez ses parents où je l’ai rejoint immédiatement.
 

Comment a-t-elle réagi et comment avez-vous réagi ?

Elle a pleuré, elle avait peur, car la boule était déjà grosse.
Moi, j’étais inquiet, j’ai eu peur de la perdre et de la voir souffrir à cause des traitements.
Ma mère a eu 2 cancers et ça n’a pas été facile tous les jours, ça m’a fait mal au cœur de savoir qu’elle allait devoir traverser ça.
 

Quel a été le moment le plus difficile ?

La 1ère rencontre avec la chirurgienne au centre Léon Berard qui confirme de manière officielle ce qu’on savait déjà et qui marque le début des hostilités.
 

Quelles ont été les différentes étapes du traitement ?

D’abord l’attente, qui parait très longue entre l’annonce et le début du traitement.
Ensuite les 4 premières grosses chimios qui n’ont pas été toujours faciles, puis 12 autres, une par semaine, un peu mieux supportées.
L’opération en juin où on a meurtri son corps, suivi de la radiothérapie pendant 5 semaines. Et pour finir un cachet journalier pendant 5 ans qui la détraque bien aussi.
Ah oui, j’allais oublier, les injections d’Herceptin qui ont duré 1 an.

 

« J’ai eu ce sentiment d’impuissance »


Comment a-t-elle réagi au traitement ? Et vous ?

Je pensais qu’elle réagirait moins bien, j’ai été surpris de voir comme elle a été « costaude » dans toutes les étapes : sa chute de cheveux, l’ablation de son sein… On a toujours continué à avoir une vie sociale, en s’adaptant avec la fatigue des traitements. Ça n’a pas été facile tous les jours, elle avait des grosses douleurs en fin de chimio, mais elle est toujours restée active en marchant régulièrement, en se projetant sur l’avenir, elle s’est très peu plainte.
 
Moi, je ne voulais rien lui montrer de ce que je ressentais, c’est encore difficile d’en parler. Ce n'est pas naturel de voir sa femme chauve, et un sein en moins.
J’appréhendais un peu de la voir sans cheveux, mais je m’y suis fait très vite, elle était toujours aussi belle à mes yeux. C’était plus difficile pour la mastectomie, j’ai attendu quelques jours avant de me sentir prêt à regarder sa cicatrice, je voyais les bleus sur tout son torse, ce n'était pas acceptable pour moi qu’on lui fasse du mal, même si je sais que c’était pour son bien. C’est dur de voir sa femme mutilée et d’être impuissant.
 
D’ailleurs, tout le long des soins, j’ai eu ce sentiment d’impuissance, je l’ai aidé sur le quotidien et avec les enfants, mais sur les douleurs, les ressentis, je ne savais pas comment faire pour l’aider et la soulager. Ça ne me faisait pas plaisir de la voir fatiguée ou souffrante, à part être présent, je ne pouvais pas faire grand-chose. Ce sont des choses qui marquent, je crois que je n’oublierais jamais ça, sauf en cas d’alzheimer.

 

« Ce week-end nous a permis de nous ressourcer… »


Pendant les traitements avez-vous trouvé un moment à vous pour faire quelque chose à deux ?

Oui, on était dans la construction de notre maison : rdv avec le constructeur, choix de déco, papiers administratifs… On ne s’est pas ennuyé ! À la fin de sa chimio, nous sommes partis tous les 2 en week-end à la montagne. Nous avons fait une randonnée, j’étais impressionné qu’elle puisse tenir sur autant de dénivelé, on a pris le temps, mais on est arrivé au sommet avec fierté. Ce week-end, nous a permis de nous ressourcer avant l’étape suivante qui s’annonçait difficile…L’ablation.
 

Combien de temps a duré le traitement ?

Le traitement a duré 1 an puis s’est suivi de 5 ans d’hormonothérapie.
 
 
 

« C’était normal d’être avec elle dans ces moments difficiles »


Depuis qu’elle a fini ses traitements, la trouvez-vous changée ?

Oui, elle a envie de vivre « plus », de découvrir des choses, elle est très impatiente.
Elle assume son changement de corps (même si parfois elle s’énerve quand elle ne peut pas mettre ses robes décolletées). Je la trouve plus sûre d’elle, elle n’a pas honte et assume pleinement ce qu’elle a vécu. Elle a d’ailleurs décidé de créer son blog « le coin des K fighteuses » pour en parler.
Elle est fortement engagée et investie pour la prévention et pour faire évoluer les mentalités face au cancer. Elle a envie d’un changement de vie professionnelle, de faire quelque chose qui a plus de sens pour elle.
 
 

Votre regard sur elle a-t-il changé ? Cela a-t-il renforcé votre couple ?

Oui forcément, je suis très admiratif, même si parfois elle est un peu « usante » à vouloir trop en faire.
Quand elle est tombée malade, ça faisant seulement 18 mois qu’on était ensemble, certains auraient peut-être fui, mais moi, c’est elle que je voulais. C’était normal d’être avec elle dans ces moments difficiles. Oui, cette étape a renforcé notre couple, il n’y a aucun tabou entre nous, on se dit tout.
 

Que conseillerez-vous à une personne dont la conjointe est atteinte du cancer du sein ?

D’être présent tout simplement.
De lui montrer son amour et son désir.
 

Comment va votre femme aujourd’hui ? Et vous ?

Elle va bien et attend avec impatience sa reconstruction.
Je crois qu’au fond d’elle, elle est en colère contre la maladie, contre le regard de la société sur la maladie et la non-réaction de nos politiques face à l’épreuve du cancer. Mais elle est très engagée et je sais qu’elle va poursuivre ses différentes actions.
 
Moi ça va, je sais qu’on va encore lui faire mal, mais c’est différent car cette fois, c’est pour un « mieux ». J’ai aussi envie de profiter davantage de la vie, mais je suis moins impatient qu’elle. Aujourd’hui, j’ai encore davantage de compassion pour les gens malades, car je comprends mieux ce que la maladie fait vivre au quotidien.

 

« Ça lui a permis de retrouver un peu de sa féminité »


Votre femme est une cliente Garance. Comment la trouvez-vous quand elle en porte ? L’avez-vous trouvé changée depuis qu’elle porte du Garance ? 
Quel est votre modèle préféré ?

Je la trouve très jolie, comme toujours. Je ne dirais pas qu'elle a changé, mais l'an passé quand elle s'est fait opérer et qu'elle ne trouvait ni maillot, ni lingerie qui lui plaisait, elle a été très contente de trouver Garance. Je crois que ça lui a permis de retrouver un peu de sa féminité et d'avoir le choix d'acheter quelque chose qui lui plaisait vraiment.
Mon modèle préféré c'est son maillot de bain noir, j'aime bien les petits nœuds en bas qui me permettent de l'enlever facilement ;) 

Témoignage homme cancer du sein

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